On parle souvent du Caire de la Belle Époque pour désigner non pas un quartier précis de la ville mais une période fondamentale de son évolution. Dans cet article, nous vous expliquons quelle fut cette période et ce qu’il en reste aujourd’hui, car certains de ces monuments sont visitables et peuvent faire partie de votre circuit, si vous le souhaitez.
La Belle Époque dans le monde
On désigne par Belle Époque la période historique qui s’étend de la fin de la guerre franco-prussienne (1871) au début de la Première Guerre mondiale (1914). Ces deux guerres sont considérées comme des conflits internationaux, avec un épicentre au cœur de l’Europe mais des ramifications dans d’autres territoires, ce qui engendre une incertitude politique, sociale et économique. En revanche, durant cette période d’entre-deux-guerres, la situation de paix relative fut propice au développement industriel, scientifique et artistique. Et l’Égypte en bénéficia.
La Belle Époque en Égypte
Cette vaste période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle représenta une époque de prospérité relative pour l’Égypte. La réalité politique laissait derrière elle la dépendance à l’empire ottoman et oscilla entre l’influence française et le protectorat britannique (qui finit par se concrétiser en 1882) et l’émergence d’un nationalisme d’un genre nouveau.
L’attrait du pays était à son apogée historique grâce à l’égyptologie et aux voyageurs internationaux qu’elle attirait. Il suffit de rappeler que le musicien italien Giuseppe Verdi choisit le Théâtre de l’Opéra du Khédive (aujourd’hui disparu) pour la première mondiale de sa célèbre Aïda. Par ailleurs, il y eut de grands projets industriels, dont le canal de Suez (inauguré en 1869) est le meilleur exemple. De nouvelles résidences furent également construites pour l’usage et le plaisir des khédives et des membres de la dynastie dirigeante initiée par Méhémet Ali.
Propositions pour un itinéraire du Caire de la Belle Époque
Ces trois facteurs (industrie, classe dirigeante et égyptologie) composent ce que nous appelons Le Caire de la Belle Époque. Nous énumérons ci-dessous quelques-uns de ces lieux remarquables d’une époque clé pour cette ville, présentant un style qui combine des détails de l’architecture du fer, les goûts éclectiques de l’époque, des tendances occidentalisantes et un goût évident pour l’art islamique et celui de l’Égypte ancienne.
Palais Manial ou du Prince Mohammed Ali
C’est peut-être le « joyau de la Couronne » du Caire de la Belle Époque. Et l’expression n’a jamais été aussi appropriée, car il peut être considéré comme un palais royal, ayant été la résidence d’un membre de la famille royale égyptienne qui, en revanche, ne porta jamais la couronne. La somptuosité de ses intérieurs est des plus raffinées, avec de magistraux plafonds à caissons et de magnifiques carrelages. Sur l’île de Roda.
Musée des Beaux-Arts de Zamalek
Belle villa d’inspiration classique construite en 1891, c’est aujourd’hui l’un des musées d’art les plus intéressants de la ville, consacré principalement à la peinture et à la sculpture. Il se situe sur l’île de Zamalek, l’un des épicentres sociaux et culturels de cette période.
Musée du Chemin de fer
Bien qu’il soit principalement composé de maquettes de trains anciens, le Railways Museum du Caire est intéressant pour découvrir l’évolution locale de ce moyen de transport, si étroitement lié à la Belle Époque, l’Égypte étant par ailleurs l’un des pays pionniers d’Afrique et du Proche-Orient (1854) dans ce domaine.
Autres musées
L’itinéraire du Caire de la Belle Époque peut inclure d’autres musées moins connus, mais créés à cette époque ou dans des édifices construits durant cette période. C’est le cas du Musée de l’Agriculture, du Musée ethnographique, du Musée postal ou du Musée Umm Kulthum. Même l’historique Musée égyptien du Caire peut être considéré comme un témoignage de la splendeur de cette période, puisqu’il fut inauguré en 1902.
Autres lieux au parfum de Belle Époque
Outre ces palais et musées, on peut retrouver l’atmosphère de cette période en d’autres points de la ville. Ou plutôt, on peut retrouver la saveur et l’arôme de la Belle Époque dans certains établissements, fondés à cette époque et dotés d’un air vintage évident qui nous renvoie à ces années dorées. Par exemple, le célèbre Café Riche (1908).